À quel moment et pourquoi êtes-vous entré à l’Anpad ? Quels divers postes y avez-vous occupés avant la Présidence ?
Je venais d’être nommé à mon premier poste et j’ai aussitôt entendu parler de l’Apad par l’Inspecteur de la Dmdts. J’étais isolé à ce poste, seul professeur de théâtre dans une ville sans autres structures de formation. De plus, cela me permettait de me rapprocher de mes pairs.
J’ai été membre du Conseil d’Administration pendant un an, puis Vice-président pendant une autre année, qui était de fait une année de transition vers le poste de Président, car Monique Fabre, Présidente depuis cinq ans, souhaitait partir.
Quels désirs/projets avez-vous pu réaliser ou non lors de votre mandat?
L’objectif de ma mandature s’était dessiné pendant les deux ans qui l’ont précédée : il s’agissait de ré-injecter une parole pédagogique au sein de l’Apad. Jusque-là, et en grande partie, l’association avait été un outil de défense du métier, et l’interlocuteur de la Dmdts. Il restait peu de temps et de place à consacrer à la parole pédagogique.
Le début de mon mandat a coïncidé avec l’arrivée de subventions. Ainsi, nous avons pu poursuivre cette mission de valorisation et de défense de notre métier, et lancer cette idée d’échanges, avec le premier des Séminaires de l’Apad en date, qui a eu lieu à Lhommes. Il préfigurait nos Séminaires d’aujourd’hui, réguliers : Les Rencontres d’Avignon, tous les ans, puis les Journées de travail, de trois à quatre fois l’an.
Cette action s’est doublée, sous l’impulsion de Frédéric Merlo, de la nécessité de produire de l’écrit.
Et cela avait très bien commencé — pour mémoire, le texte devenu le In-folio n° 1, Les départements Théâtre —, mais s’il y a eu nombre de débats très riches, contradictoires, peu ont laissé une forme écrite.
Les différences exprimées lors de ces rencontres ont été un terreau pour avancer dans ma propre pratique, grâce à mes collègues ; le regret de cette mandature serait le manque de traces écrites.
Quelles évolutions avez-vous vécues dans l’association?
Le mandat a été traversé par les questions du Diplôme d’État et de la préparation du Certificat d’Aptitude ; ce furent nos grandes préoccupations. La volonté, pendant ces cinq ans, a été d’essayer d’établir des relations constructives avec nos tutelles (Dmdts), un dialogue fructueux, libéré de toute méfiance réciproque.
Quels sont vos désirs-projets pour la suite à l’Anpad ?
À travers l’association, je souhaite continuer à défendre et à valoriser l’idée d’un enseignement du Théâtre singulier, un enseignement par la pratique, et un acte de transmission fait par des artistes enseignants.
Je suis venu au théâtre par les Conservatoires, j’ai fréquenté et fréquente nombre de personnes issues de ce cursus, et pense que faire en sorte que ce réseau, ce style d’établissements soit nourri de nos propositions et puisse rayonner est une réelle chance pour les élèves.
La formation aujourd’hui est un peu « tous azimuts », entre Université, Éducation et cours privés : il nous faut rendre lisible et visible ce qui se passe dans nos Conservatoires.
À cet égard, j’attends beaucoup du site qui ouvre cette année, ainsi que du Forum que met en place l’Anpad.