Travaux des élèves - Puteaux Crimp

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Titre :

Travaux des élèves - Puteaux Crimp

Date :

Juin 2008

Artiste enseig.:

Professeur : Sylvie MONTLAHUC

Objet :

Troisième trimestre, en cours d’interprétation, sur sept séances de deux heures, nous avons exploré plusieurs scénarios de la pièce de Martin Crimp, « Atteintes à sa vie ». Des élèves du cycle 2 ont été porteurs de projet, de parti pris dans lesquels ont joué leurs camarades.

Lieu :

Conservatoire de Puteaux

Troisième trimestre, en cours d’interprétation, sur sept séances de deux heures, nous avons exploré plusieurs scénarios de la pièce de Martin Crimp, « Atteintes à sa vie ». Des élèves du cycle 2 ont été porteurs de projet, de parti pris dans lesquels ont joué leurs camarades.   
Voici, au lendemain de la présentation du 9 juin 2008, quelques-uns de leurs propos mis par écrit.
 
Crimp, à une lettre près c'est "crime" (dans les deux langues) je trouve que le nom de l'auteur se prête plutôt bien à "Atteintes à sa vie" un peu comme une toile de fond...
Une écriture sans personnages distincts donc pas de "conventions démodées du dialogue entre de pseudo personnages pataugeant jusqu'à un dénouement filandreux", mais avec pour toute didascalie ce petit chevauchement de la parole qui donne toute sa vivacité au texte et à l'interaction.
Cette écriture dense par les thématiques bien que dénudée dans la forme donne une grande liberté de mise en scène et permet d'explorer le texte sur des supports originaux pour conserver une théâtralité car celle-ci semble comporter le risque de disparaître  dans les mots. D'où la nécessité d'une mise en scène d'autant plus créative.


Crimp n'est pas une crevette (shrimp) mais un "drôle" de zèbre…
Enfin pas si drôle car il aborde des thèmes contemporains - la pornographie, le suicide, le terrorisme, le tiers-mondisme...de façon assez crue. Au début, très déroutant, son style musical, rythmé, devient très attachant, presque entêtant (j'ai adoré cette réplique que je ressors souvent  : "parce qu'il faut bien le dire, ça la touche"

 
Ma découverte de Crimp n’est pas celle d’un auteur mais d’un univers. Non l’univers d’un dramaturge, mais celui d’une dramaturgie (peut-on vraiment appliquer ce terme à ce type de théâtre ?).
Ce que j’ai apprécié dans Atteintes à sa vie c’est la liberté que prend Crimp - qui n’est pas que la sienne mais celle de l’écriture théâtrale contemporaine (il me semble) – en abolissant la notion de personnage, parfois de répliques, de scène et de décor tout en donnant par moments des indications très précises (ex : musique slave, traduction…) pour ne pas perdre de vue son projet (ou son propos !)
En cela, je trouve qu’il y a aussi une certaine  générosité envers le lecteur, le comédien, le metteur en scène et le spectateur qui peuvent ainsi s’approprier l’œuvre et voir dans cette impalpable Anne l’ANonyme qui est en nous et à côté de nous, cette « fille d’à côté » sur laquelle on projette nos fantasmes (au sens 1er du terme !), ou cet autre qu’on connaît plus au moins.
C’est aussi une marque de confiance que de donner à voir et à entendre au spectateur une œuvre construite pour lui, pour qu’il se la fasse sienne par instants, ou tout au long de ces scénarios. En somme Crimp ne nous prend pas pour des imbéciles en nous disant « regardez ça, ça veut dire ça. » À jouer, j’ai trouvé cela très intéressant, car les possibilités sont multiples mais pas infinies pour autant. Le texte n’est peut-être pas dans une progression constante vers un but, mais il est porteur de sens que nous pouvons (en tant qu’acteurs) mettre plus ou moins en évidence, dont on peut accentuer certains points au détriment d’autres. De fait, j’ai trouvé que Crimp tombait à point à ce stade de nos apprentissages dans la mesure où il nous a permis de travailler avec d’autres supports (merci de nous rappeler que le théâtre est un art complet !) et d’oser sortir de nos repères. J’ai adoré l’idée d’aller vers le public (mais l’idée est toujours plus séduisante que la réalisation !!), de jouer avec lui  car cela rappelle qu’il fait partie de toute pièce de théâtre après tout. J’ai bien aimé la part laissée aux « arts plastiques » à la création des accessoires (d’ailleurs, souvent bien plus que des accessoires).

 

 

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